Juste nature
Juste nature
Une lune levante
Verse très lentement
Sur la mer violente
Une clarté d'argent.
Les ombres de la nuit
S'éclairent posément
Avec l'astre qui luit
Et se meut doucement.
Les mystères nocturnes
Vont bientôt s'éveiller
Se répandre en fortunes
Diverses, variées.
Pour l'un, bonne fortune
Dans une nuit heureuse,
Et mauvaise fortune
Pour l'âme malheureuse.
Quand la lune couchante
Devra céder le ciel
À la clarté ardente
De l'étoile officielle,
Les uns auront dormi
D'un paisible sommeil
Et d'autres pas dormi
Du tout jusqu'au réveil.
Pourquoi satisfaction
Pour certains plus chanceux ?
Pourquoi la dépression
Pour d'autres moins chanceux ?
Parce que c'est la loi
De la juste nature,
Laquelle règle à froid
Nos comptes en droiture.
Murmure au Lecteur.
Avez-vous déjà regardé la lune longtemps… en silence ?
Ici, elle éclaire la mer agitée, ailleurs, elle éclaire un visage inquiet....
Elle ne choisit pas, elle ne juge pas.
Cependant, certains vivront une nuit paisible. D’autres traverseront l’ombre intérieure.
Est-ce une question de chance ? De mérite ? Ou simplement… la loi d’un équilibre plus vaste que nous ?
Ce poème est une méditation sur cette “juste nature” qui observe, qui régule, et qui nous rappelle notre place, et parfois notre impuissance, dans le grand ordre des choses.